Ne pouvant répondre à tous ceux qui ont bien voulu lire ce blog, je viens ici vous remercier en espérant que mon expérience permette à ceux qui doutent de continuer, à ceux qui galèrent de bien ramer dans le bon sens et celà doit marcher, à ceux qui désespèrent de se dire que l'on va y arriver avec bien entendu beaucoup d'effort, de sueurs, de cris, de pleurs pas toujours le résultat escompté et j'espère surtout, pour tous, beaucoup de joie.
Cordialement
Si je vous en parle aujourd'hui ce n'est pas par narcissisme mais parce que j'ai envie que la génération nouvelle sache que l'on peut entreprendre à tout âge et raison de plus quand on est jeune
Que les difficultés ne doivent pas être un obstacle mais un élément déclencheur pour l'adversité et la conquête.
Que d'être "à son compte" implique du travail, pas de RTT, mais également une grande liberté pour se réaliser
Que dans la vie avoir de l'ambition c'est très bien, pas réducteur et qu'il est préférable de se démarquer plutôt que de ressembler à tout le monde
Qu'il n'est pas nécessaire de faire de grandes études pour réaliser ses rêves, mais faire preuve de pugnacité, d'envie et de courage
Que le travail permet de garder le dynamisme, la jeunesse, la patience et la santé
Qu'aujourd'hui je travaille pour de l'argent (même si ce n'est pas tout de suite) et l'espoir de donner envie à mes collaborateurs de continuer ce que j'ai mis en oeuvre.
Je souhaite à tous de réussir dans leur entreprise et qu'à chaque échec on se relève et on recommence... en ne faisant pas les mêmes erreurs.
Paroles de mamy........
En résumé :
- Création d'une SARL avec tout ce que cela entraine (statuts, AG, registres...)
- Enregistrement auprès du greffe
- Cotisation auprès d'une caisse de garantie (avec toute l'attente de l'accord de cet organisme FNAIM)
- Acceptation du dossier auprès des organismes financiers
- Pour enfin avoir le fameux "laisser passer" de la préfecture après enquête d'honorabilité (carte professionnelle)
- Mise en place du logo, des sites internet......
Et enfin AU TRAVAIL! sachant qu'entre temps les locaux ne peuvent être prêts d'où l'obligation de travailler de chez soi.
A ce jour, je travaille toujours de chez moi. Mes locaux pourront enfin être aménagés dans le 2ème semestre de cette année.
Il est vrai que j'ai démarré dans un contexte économique très très difficile, que je n'ai pas pu bénéficier de l'auto entreprenariat (notamment pour les charges) pas encore mis en place ce qui aurait allégé la facture. Le fait de ne pas avoir "une vitrine" m'a pénalisée mais également le fait de travailler à domicile a allégé les frais de structure.
1 an 1/2 après c'est encore difficile. La reprise est très lente et la concurrence très importante. Je travaille en partenariat avec 2 autres agences (non franchisées) et nous mettons nos biens en commun.
J'envisage le recrutement de 2 négociateurs et une administrative pour me laisser le temps de travailler sur le terrain.
Malgré toutes les difficultés passées et à venir, je suis toujours aussi motivée et des projets plein la tête..
Le parcours commence déjà dans le fait que vous êtes demandeur d'emploi à 57 ans et que dans ces services on ne comprend pas pourquoi à votre âge vous voulez travailler alors que vous avez la possibilité d'aller gentiment à la retraite.
Pour préparer ce projet plusieurs embûches à franchir :
- Obtenir une carte professionnelle exige certains critères (en résumé 10 ans d'activité ou un diplôme approprié) Je n'avais que 8 ans 1/2 et pas le diplôme approprié.
- Aussi, contrainte de repasser un BTS Professions Immobilières via une VAE (validation des acquis de l'expérience).
- Préparation du 1er dossier (VAE) à soumettre à l'académie (référentiel costaud pour mes 57 ans : réviser 2 ans de droit, d'économie des entreprises, anglais, et j'en passe)
- Après accord, apprendre, réviser et suivi du GRETA (si l'on peut appeler cela un suivi) et mise en place du second dossier VAE.
En parrallèle, préparation du projet et je tiens à souligner que toute l'aide que j'ai obtenue c'est seule et grâce à l'APCE en ligne.
Avec l'aide de la CCI je peaufine mon budget et je commence à contacter les organismes bancaires (Banque Populaire, OSEO, conseil région, aides aux femmes.....)
21 novembre VAE : passage devant jury en présence également d'une déléguation irlandaise pour voir sur le terrain comment se pratique cette formule afin de l'adapter chez eux. Diplôme obtenu.
Pendant que je travaille à l'établissement du projet, un autre combat se mène avec les ASSEDIC. En effet, cet organisme s'est engagé à m'indemniser jusqu'au 15 septembre 2009 le temps de mettre en place ma création d'entreprise. Et fin 2008 on s'aperçoit que j'ai 60 ans au 1er janvier 2009 et tous mes trimestres. Déduction : j'ai l'âge de la retraite je dois partir à la retraite....J'ai beau leur expliquer que je travaille justement pour ne pas prendre ma retraite et également parce que je crainds que cette dernière soit "légère". Rien à faire. Les vivres coupées au 1er janvier 2009. Une retraite pas enclenchée et 6 mois sans subside. et un combat d'un an va se dérouler pour obtenir gain de cause en novembre 2009.
Mais que d'énergie, d'argent perdus! Allez comprendre comment un organisme qui est censé vous inciter à travailler fait tout pour vous démotiver. Il y a là un autre combat à mener....
Dernière phase et non la moindre convaincre les partenaires financiers de faire confiance à une femme de 60 ans?!.
Le Principal interlocuteur la banque (Banque populaire du Massif Central) après examen de mon dossier a accepté de me suivre.
En partenariat avec elle, OSEO qui m'a bien soutenue.
Egalement, l'aide de la région à titre personnel qui malgré le contexte économique et le fait de l'établissement ENCORE d'une agence immobilière a accepté de m'aider.
Et enfin, juin 2008 dépôt des statuts au greffe.

Résumé de 40 ans d'activité.
Grenoble, mai 68, 19 ans et un choix s'impose. Quelle direction prendre? Plus aucune structure ne fonctionne pour avoir une orientation. Dilem, choisir de continuer ses études ou travailler, la cellule familiale ne pouvant subvenir aux études de chacun des membres (4 enfants). Opportunité et démarrage en qualité d'assistante dentaire. Apprendre en une semaine toutes les procédures et surtout la préparation des interventions au fauteuil (plombage, pates diverses, extractions...).
21 ans : drame familial, le papa handicapé suite à une attaque. Nécessité pour subvenir aux besoins de la famille de reprendre la petite entreprise de constructions métalliques (13 salariés) dans un univers où prédomine le fer et les machines agricoles. Découverte du secteur de l'agriculture, les coopératives, le monde paysan, et le milieu industriel (usine Kullmann, penaroya, etc...)
Puis pendant 20 ans la vie à la montagne!
71/91 vie en couple et rupture avec la cellule familiale : un autre univers, celui du loisir de montagne. Arrivée à Val d'isère et pour avoir un logement (les structures sociales n'existaient pas et la vie en station de ski très très chère) il fallait donc trouver un poste de concierge (logement fourni) et suite à cette démarche j'ai trouvé un poste d'assistante de direction dans la seule agence immobilière de la station. Mon poste consistait à prendre des blocs entiers en sténo, de les retranscrire à la machine (Olivetti avec ruban rouge et noir, puis IBM avec les premières "boules interchangeables", époque héroïque car il fallait ne faire aucune faute de frappe, pas de correcteur d'orthographe car doubles en papier pelure et carbone, idem pour les procédés gestetner.....) dans le domaine du syndic d'immeubles, et également de 2 hôtels 3 étoiles, un night club, 3 garages et des activités auprès de l'office du tourisme.
Pour suivre mon mari dans son activité professionnelle départ sur la station voisine de TIGNES. A cette époque, il était facile de trouver du travail (toujours des CDI à l'année, sachant que l'on ne signait pratiquement jamais de contrat d'embauche...) et lorsque l'on n'aimait plus ce que l'on faisait on partait et on réintégrait un autre poste. C'est ce que j'ai fait et je noterai les postes les plus probants et les plus longs.
CLUB DES SPORTS : assistante de direction qui consiste à seconder complètement le directeur qui lui est toujours sur le terrain avec la mise en route des toutes premières compétitions de ski artistique incluant la mise en place des infrastructures techniques (sécurité, hélico, 7ème BCA) le contact et la motivation à faire venir toute la presse (écrite, télévisuelle, radio) ainsi que les sponsors (pour les plus importants : cocal cola, hermes, moet hennesy, dermophil indien) la mobilisation de tous les hébergeurs (hôtels, agences immobilières) les commerçants, les différentes structures de la station comme les remontées mécaniques, l'office du tourisme, le service des pistes, la mairie, le ravitaillement et les repas à assurer, ainsi que le suivi et la bonne marche vis à vis des compétitions (juges, compétiteurs, bénévoles). Expérience inoubliable....
Autre domaine, la vente magasin de sport avec tous les postes à assurer, le ménage, la comptabilité, le secrétariat, la vente, la location, le management, les collections.... expérience également très enrichissante.
A 40 ans rupture complète et départ (avec ma fille) dans un autre univers, toujours par le biais des opportunités et des rencontres. Passage à Paris pour rencontrer un chasseur de tête afin de savoir si j'étais un "produit" vendable sur le marché de l'emploi autre que dans le domaine protégé et privilégié du tourisme blanc.
Marseille : direction agence intérim secteur bâtiment. Très enrichissant.
Entre temps, proposition d'un poste dans le nettoyage industriel à Nimes. et départ à nouveau dans le Gard pour développer ce département ainsi que le 34 et une partie du 13. C'est dans ce secteur d'activité que j'ai découvert le sexisme, le harcèlement sous toutes ses formes, l'ingratitude de certains employés (250 personnes) et de certains employeurs, la joie avec des clients fidèles, respectueux, l'épuisement au travail pour subir les licenciements. Après 2 années et un fort développement de la société, sentant par des attitudes que ma présence n'intéressait plus, départ pour clermont ferrand où j'ai beaucoup appris au sein de la générale des eaux (intitulé de l'époque) Puis restructuration et relicenciment. Départ à la concurrence et mutation sur l'aquitaine pour un poste de direction régionale. Hélas, rachat de la société età nouveau licenciement à 50 ans! et c'est là que j'ai découvert la difficulté d'être femme de cet âge pour retrouver du travail. J'ai sillonné toute la france, passé X entretiens, tests, pour arriver souvent en final mais se voir préférer un homme de 30 ans!!!
Durant ces périodes de chômage j'ai fait des stages (bureautique, webmaster) en entreprise dans un cabinet conseil et j'ai eu la satisfaction en qualité de demandeur d'empoi d'avoir réussi sur une mission le reclassement de 10 personnes (chômage longue durée) et une autre mission (licenciement économique vers Rouen) 10 autres personnes....
Aussi retour en Auvergne dans l'immobilier, là où l'âge des femmes n'est pas un handicap. Après avoir travaillé pour un cabinet, une autre structure me débauche pour créer un réseau. Déception 6 mois après licenciement économique.
Au chômage à 57 ans (pour 3 ans) et possibilité d'attendre patiemment la retraite.NON!j'avais l'impression d'avoir tout mon avenir devant moi puisque j'avais prix un virage à 360° à 40 ans! que faire? Décision de créer "quelque chose" mais dans quel domaine. Après un bilan de compétences et compte tenu de la diversité de mes précédentes activités j'avais 5 choix. J'ai donc décidé de m'orienter vers l'immobilier dernier domaine professionnel en date.....